un peu de nature..

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# 18/02/2011 à 13:17 Oxygène
L’humain bien poussé dont la liberté a été aliénée par l’éducation ne supporte pas l’indompté, le non rentable, l’insoumis, le réfractaire. Sa peur, son conformisme, sa propre servilité aux dogmes, aux ordres et aux pouvoirs le font récuser le sauvage, reproche vivant de son asservissement volontaire. Trop d’humains s’imaginent aimer la Nature, alors qu’ils n’apprécient que les parcs bien rangés, bien propres, domestiqués, aseptisés, sans ronces, sans orties, sans épines, sans insectes, ni reptiles. Ils veulent des jardins artificialisés, sans vie libre non productive. Cerrtains lobbies de l’arriération et de la cruauté instrumentalisent et entretiennent ces peurs irrationnelles, à l’instar des manipulateurs politiques qui utilisent les peurs pour masquer leurs privilèges. Ils cultivent ces aspirations de trop de braves gens à faire de « l’environnement » un décor utile. Certes, les contemporains ont entendu parler de « chaînes alimentaires », de biodiversité, de recyclage et d’équilibres écologiques, mais pour nombre d’entre eux il y a loin de la théorie académique au vécu. Ils ont besoin de vivre dans le béton, le verre, l’acier, l’asphalte, un milieu dépourvu de vies. Les quelques espèces animales qui tentent de persister dans cet espace infernal urbain sont les plus maudites puisqu’elles n’ont pas le bon goût de disparaître à l’instar de toutes les autres. Il faut admirer le néant intellectuel de la presse débile lorsqu’elle relate les risques sanitaires générés par les pigeons des villes, les attaques de vautours fauves sur des vaches dans les Pyrénées, les proliférations de sangliers et les pauvres chasseurs menacés par les ours. Or, la Nature ne peut être que sauvage, inutile au dieu Marché, réfractaire au productivisme cupide des hommes, et parce qu’inutile, victime de leurs exactions multiformes. Dès lors, le choix est clair et nous l’énonçons : Soit la société anéantit pan par pan la totalité de la Nature; Soit l’humain modifie radicalement l’approche culturelle du vivant et pose en principe fondamental le droit absolu de toute espèce de vivre sur la terre. En dehors de ce choix, il n’y a que verbiage imposteur et pusillanime. Il ne s’agit pas de concilier des intérêts contraires car cette démarche aboutit morceau par morceau, année après année, à réduire la place de là Nature. La simple honnêteté oblige à constater que les éléphants, les tigres, les ours, les loups, les cétacés, les grands singes et tous les autres ont besoin eux aussi d’espaces et que l’homme ne doit pas confisquer la planète à son seul profit. Ainsi, les PYRENEES appartiennent d’abord aux ours et non aux tueurs de cochongliers et de galliformes de montagne et il faut avoir le courage et la lucidité de le dire ! En l’absence de ce courage, point ne vaut d’invoquer l’écologie, la biodiversité, la Nature préservée car demain il faudra expulser le dernier passereau au nom du trafic routier et des rendements agricoles maximisés. Pourquoi ceux qui gouvernent, qui possèdent les médias, qui façonnent l’opinion poseraient-ils le problème ? Ils servent leur dieu, le Profit et méprisent fondamentalement l’arbre, l’animal et l’homme. La croissance quantitative, la chasse, la torture tauromachique constituent leur univers mental et ils ignorent tout du respect du vivant. Ils sont les ennemis de la terre et ne tolèrent ni les herbes folles ni les idées neuves, ne rendant, quand ils parlent Nature comme lorsqu’ils disent Liberté, que l’hommage du vice qu’ils pratiquent à la vertu qu’ils proclament. Pour les maîtres du système, la Nature doit céder devant le « développement infini », devant les activités récréationnelles et la Liberté qu’ils conçoivent n’est que celle de s’enrichir. Les ennemis de la terre ostracisent les animaux et les pensées sauvages.Toutes les espèces subissent leur vindicte, fruit de leur arriération, de leur cruauté, de leur cupidité. En prétextant des maladies imaginaires ou extrêmement rares, en invoquant des dégâts falsifiés, en jouant des préjugés et des ignorances, des hommes qui ne sont pas comme nous perdurent à tuer, traquer, piéger des animaux dont ils nient le caractère d’êtres sensibles appelant notre respect. Dès qu’une espèce n’a pas le bon goût de disparaître, elle devient immédiatement proliférante, selon les élucubrations de ceux qui feraient bien de s’interroger sur ce qu’est une prolifération spécifique. Bien sûr, nos contemporains se retranchent derrière des lieux communs pour fustiger les autres formes de vies, survivances douloureuses dans l’environnement hostile que crée l’humain partout sur la planète. Tout en affirmant qu’ils aiment la nature et les animaux, nombre de contemporains se laissent intoxiquer par la propagande des amateurs de massacres. Pour nos conformistes formatés, sauvons les animaux, certes, mais pas ceux qui vivent ici, uniquement ceux que l’on voit sur l’écran de la télévision. S’il advient qu’une seule espèce parvienne à s’adapter à l’enfer urbain, elle fait figure d’envahisseuse, parfaitement nuisible au nom de l’hygiène publique, de la propreté des immeubles et sous tout autre imposture paravent à extermination. En fait, conditionné par ses origines, l’humain demeure encore un animal contre Nature.Et voilà pourquoi des gens prétendument éduqués édictent dans les ministères et les préfectures des arrêtés décrétant des massacres d’oiseaux et de mammifères pour satisfaire des lobbies. Voilà pourquoi les assemblées politiques délirent contre les loups, les cormorans, les renards les ours. Disons-le, tant d’un point de vue écologique que sous l’angle éthique, il n’existe pas d’espèce nuisible sauf peut-être celle qui par son comportement compromettrait radicalement la vie sur terre. Il n’y a pas d’espèce « gibier » car pour un homme responsable et conscient un être sensible n’est jamais un gibier. Evidemment, l’humain qui tue, pollue, torture, exploite est indéniablement un nuisible mais cela ne tient pas à son être mais uniquement à son attitude envers le vivant. Qu’il change d’approche, il cessera d’être infernal et dévastateur. Ce qui génère sa nocivité réside dans sa cruauté, son arriération, sa cupidité, tares dont il peut d’autant plus se guérir qu’un nombre non négligeable d’humains ont d’ores et déjà effectué cette mutation comportementale. Ce qui effraie n’est ni la rage vulpine, ni l’échinoccocose, ni la tuberculose bovine mais la rage de tuer d’une infime minorité trop choyée par les politiques conservateurs. Le problème est que loin d’instruire, d’éveiller les consciences, d’élever un débat de fond, les médias débiles font dans le populisme grossier en relayant les fantasmes anti-nature sans le moindre examen critique. Ils évoquent occasionnellement les relations homme - nature sous l’angle anecdotique, souvent négatif ou purement récréationnel en veillant bien à ne pas déranger par une simple interrogation éthique sur la chasse, le piégeage, les destructions de pigeons des villes, les déterrages et autres réjouissances sanguinaires. Rien d’étonnant, dans une société en voie de régression sociale et empathique, dans une société dévorée par le profit et l’égoïsme forcené, société naufragée, rien d'étonnant que l’animal reste le défouloir des maniaques de l’instinct de mort. Honte à cette époque terriblement « nuisible » ! Vive en tout cas la vraie écologie non récupérée ! A méditer !

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